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CHAPITRE.1

CHAPITRE.1
Bonjour les gens =)!
Donc, j'ai vu, parmis, les coms, que vous aviez du mal à cerner ce prologue.
C'est fais exprès, j'ai mis un peu de flou intentionnellement mais avec ce chapitre 1 vous comprendrez tout.
Vous comprendrez aussi que ça ne va pas être tout rose, pourtant, pour ceux qui me connaissent, vous savez que j'écris des choses loin d'être noires, je ne change pas avec cette fic, c'est juste que le contexte est plus dur peut-être. Pour ceux qui me connaissent aussi vraiment bien vous aurez compris que cette fic sera légèrement autobiographique, parce que je crois qu'il faut parler de choses qu'on connaît et peut-être aussi pour me soulager quelque part...
Donc voilà le premier chapitre, si vous avez des questions n'hésitez pas je suis tout à fais d'accord pour y répondre =) sur ce bonne lecture.


Ah oui aussi, vous remarquerez que c'est souvent Tom le héros de mes fics... Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que j'arrive plus à lire en lui et à l'imaginer dans de telles positions je n'sais pas. J'ai envie de lui donner un visage tellement plus humain que celui du "chaud lapin débile" c'est sûrement pour ça... Donc la fiction se fera essentiellement dans du POV de Tom et, quelques fois de Bill ou autre mais rarement. Voilà =).




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[ *POV TOM*]



J'avance dans les couloirs de l'hôpital, parmi les gens nombreux et arrive à l'ascenseur. J'appuie sur le bouton et attends les bras croisés en fixant le cadran. Les portes s'ouvrent, je rentre et enfonce la touche « RC ». L'appareil grince, tremble et descend finalement. Je n'ai jamais aimé ces ascenseurs et pour cause je les ai toujours connu aussi vieux et criards et moi ça fait 18 ans que j'suis là. J'arrive enfin au rez-de-chaussée, un faible sourire se glisse sur mes lèvres, le soleil règne dehors, même pour une journée de décembre. Voilà plus d'une semaine que je n'ai pas pu sortir et c'était vraiment intenable. J'avance au ralenti, comme pour me laisser savourer cet instant que j'attends depuis trop longtemps. Les portes automatiques s'ouvrent devant moi et, enfin, la chaleur m'enveloppe. Je plisse les yeux, frissonne et continue mon chemin. J'arrive près de mon banc habituel et me pose, en plein soleil.

Ca fait tellement de bien d'être dehors ! C'est peut-être quelque chose de trop singulier aux yeux des gens, c'est vrai, pourquoi se réjouir autant d'être à l'extérieur ? Tout simplement parce qu'à moi ça me permet d'oublier mes problèmes, d'oublier que je dois vivre grâce aux machines et aux gens qui prennent soins de moi, oublier les cris des gens malades et torturés, oublier que depuis 18 ans j'ai plus passé de temps ici que chez moi ou au lycée, oublier que j'y ai perdu mon p'tit frère et presque inexorablement... Ma famille. J'veux juste oublier que depuis toujours j'me traîne cette maladie qui m'empêche d'être comme tout le monde. A mon âge tout les jeunes veulent se distinguer, moi j'veux juste être... Comme tout le monde. Mais j'm'en fais pas trop, y'a bien pire que moi et j'le sais. Ouais y'a pire, mon p'tit frère par exemple, lui il a pas eu de chance. Mais c'est pour lui que je me bats contre ce qui nous rongeait tout les deux et qui l'a eu lui, j'me battrai jusqu'à gagner, je lui ai promis avant... Avant qu'il ne parte...






[ *FLASH BACK*]


Aujourd'hui on opère mon petit frère, j'appréhende beaucoup ! On vient juste de lui diagnostiquer la même maladie que moi, même si on ne sait pas très bien ce que j'ai au départ... Il est installé dans la chambre mitoyenne de la mienne, séparées par une grande bée vitrée pour qu'on puisse se voir la journée, hors de question que je m'en sépare, j'y tiens à mon frère, même si je fais l'erreur de ne pas lui dire souvent. Je me lève, tant bien que mal et vais le rejoindre dans sa chambre. Je m'arrête devant la porte et passe mes doigts sur la petite plaque en argent où est gravé « B.Kaulitz », c'est lui mon p'tit trésor !

Je souris, respire à fond et frappe doucement avant d'entrer. Il est allongé sur le ventre, prêt à partir dans quelques instants pour l'opération de ses reins, j'ai tellement peur ! Mais j'essaye de ne pas lui montrer. Je m'avance et m'assois près de lui, je pose ma main dans son dos nu et devenu complètement insensible grâce aux cachets et lui demande :


-Ca va p'tit frère ?
-Fatigué mais ça va et toi ?
-J'm'inquiète pour toi un peu...
-Faut pas, j'suis fort !
Dit-il en souriant.
-Je sais... Répondis-je en caressant ses cheveux ébène.
-Tom ?
-Oui ?
-Si... Ca s'passe pas bien tu m'promet de gagner toi hein ?
-J'te l'promet ! Mais ça va bien aller ok ?
-Hm oui... J'ai peur quand même, en plus papa et maman sont même pas là !
-Ouais je sais mais ça changera rien qu'ils soient là ou pas, et puis ils seront là quand tu te réveilleras t'inquiète pas.
-Hm... Et puis toi t'es là alors ça va... Dis ? Est c'que ça va m'faire mal ?
-Nan, enfin moi j'm'en souviens pas, j'ai juste cette maaaaagnifique cica comme souvenir.




Je souris et me lève, tire sur mon t-shirt au niveau des épaules pour pouvoir lui montrer l'imposante cicatrice qui traverse mon dos de gauche à droite au niveau de mes reins. J'avais 18mois quand on m'a opéré, j'devais pas survivre et puis me voilà, j'ai 16 ans maintenant ! Alors je suis assez confiant, enfin j'essaye. Il passe le bout de ses doigts glacés dessus et me demande :



-J'vais avoir la même ?
-Ouais sûrement !
-Cool ! Ca doit faire bon effet avec les filles.
Il rigole.
-Tu verras bien...
-Tom tu sais... J'voulais pas te dire ça parce que je trouve qu'on dirait que c'est la fin, tu sais comme dans les films mais... J'voulais que tu saches que t'es l'meilleur grand frère du monde et que je t'aime.



A c'moment là mes yeux se sont mouillés à une vitesse incroyable. J'ai pris conscience que, peut-être, il ne reviendrait pas. Heureusement qu'il ne me voyait pas très bien, même si je sais qu'on est tellement proche qu'il pouvait comprendre ma tristesse sans voir, j'ai réussi à lui cacher ma peine et ai répondu :


-Toi aussi t'es l'meilleur p'tit frère, t'es mon trésor Kaulitz Junior, je t'aime.



[ *FIN FLASH BACK*]



Après ça j'ai embrassé sa joue et les brancardiers sont venus le chercher. La dernière image que j'ai gardée c'est son visage souriant et rassurant dans la lumière des néons. En suite j'ai attendu, inlassablement et quand, enfin, je pensais qu'on allait pouvoir me délivrer, d'au moins, cette souffrance on m'a juste dis qu'on avait pas pu le sauver. J'ai pas de suite assimilé, je me suis ré assis sur mon siège, j'ai plaqué mes mains contre ma bouche et au bout d'un long moment, j'ai hurlé. J'ai hurlé si fort que j'me suis pété la gorge. Les larmes s'y sont mêlées, les tremblements, la douleur morale aussi, que je ne connaissais pas, avec lui j'étais tellement fort, il me portait en haut en me laissant être son modèle et là sans lui je n'étais plus rien. Ce 22 Octobre 2005 j'ai tout perdu. J'ai tout perdu parce que depuis je ne parle plus à mes parents, je leur en veux ne pas être venus le dernier jour de la vie de leur fils. Pour moi la famille c'était tout, aujourd'hui je n'ai plus rien.



Depuis ce jour j'ai, par contre, la force nécessaire pour me battre contre ce qui vit en moi et à chaque fois que la douleur me frappe je pense à lui, quand je pense abandonner je le revois, si courageux et heureux quand même de vivre alors je me relève. Aussi quand je vois ma cicatrice je souris et pense à cette phrase : « ça doit faire bon effet avec les filles ». T'avais raison p'tit frère mais tu sais j'fais peur aux filles... Un mec malade et que tu n'es pas sûre de revoir le lendemain ou que tu es obligée de voir à l'hôpital on en veut pas. Bien sûr j'ai eu des p'tites amies mais ça n'a jamais duré... Peu importe de toute façon, pour l'instant je dois guérir.



Mon dos me lance, on me donne un gramme de paracétamol, c'n'est pas suffisant mais c'est tout ce à quoi j'ai droit. Mon caté me fait mal aussi et le bandage me serre beaucoup trop mais je suis bien quand même, là, au soleil. Je regarde les arbres complètement nus, morts en apparence et pourtant ils auront la force de se régénérer au printemps prochain. Je suis comme eux, déjà mort aux yeux des gens et pourtant, un jour, j'deviendrai plus grand et plus fort. J'y arriverai même si tout le monde baisse les bras. Les médecins ne savent pas exactement ce que j'ai, ils disent souvent que je suis « une erreur de la nature ». Il n'existe pas de nom pour ce que j'ai ni de traitement attitré alors les docteurs, enfin ceux qui m'aident parce qu'ils sont payés pour ça et aussi parce qu'ils me connaissent depuis longtemps maintenant, font de leur mieux pour m'aider.



Il est 16 heures et ma sortie est déjà finie. Les visites des médecins commencent dans une heure et j'ai besoin de me doucher avant. Je me lève doucement et marche vers le bâtiment. Mon dos me fait souffrir mais je souris quand même, j'ai l'espoir qu'un jour j'irai mieux. Je rentre et reprends l'ascenseur jusqu'au septième étage qui est le secteur pédiatrie. Malgré mes 18 ans ils me gardent encore dans se service, dans la même chambre, avec les mêmes personnes et ça me va très bien. Je pourrai très bien rentrer chez moi, décider de tout arrêter et attendre que tout ça finisse et de ne pas me réveiller un soir où je me coucherai. Ca serait certainement plus simple mais j'ai promis et si d'autres gens doivent souffrir comme moi alors je veux passer avant pour que les médecins s'exercent sur moi.



J'ouvre la porte anti-incendies et traverse le couloir. Il est peint en saumon et en rouge avec des fleurs dessinées dessus et des personnages de dessins animés, c'est comme ça depuis 18 ans et j'commence à plus pouvoir me les voir. Maeko est en train de distribuer les repas de 16heures. Je m'avance vers elle pour la prévenir que je ne suis pas dans ma chambre et elle me donne ma tasse de thé habituelle. Je l'aime bien, elle est gentille et souriante.



-Ca va Tom aujourd'hui ?
-Comme d'hab et vous ?
-Ah et bien un peu surmenée XD on a des nouveaux arrivant aujourd'hui.
-A bon ?
-Oui les urgences sont pleines et on vient de nous monter trois brancards et on ne sait pas dans quelle chambre les placer.
-Ouais ça va être dur, enfin sauf si la petite de la 706 sort aujourd'hui.
-Oui c'est prévu mais... L'ancienne chambre de ton frère va devoir servir aussi.
-Je... Si y'en a besoin.
-Tom ?
-Oui ?
-Le jeune homme est atteint de la même maladie que toi.




Je suis surpris, ma maladie est rare, comment est-ce possible ? Non, en fait ce que je me dis sur le moment c'est qu'il doit souffrir et que j'connais ça. Elle a dit « jeune homme » ça va être encore plus difficile pour lui d'apprendre juste maintenant qu'il sera malade à vie, qu'il porte quelque chose sans nom et qui le ronge. Moi j'vis depuis toujours avec ça mais lui va devoir s'y habituer, quand j'disais qu'il y avait pire... Quand on me dit que j'suis courageux, je souris parce que c'est faux. J'ai l'habitude de ce que j'ai, j'le supporte comme quelqu'un qui a l'habitude de courir moi j'ai l'habitude d'avoir mal ou de faire tout ces soins, je n'suis en aucun cas courageux. Par contre si ce gars affronte ce qui lui arrive, lui il sera courageux, j'espère qu'il aura l'aide nécessaire...



Je souris tristement à Maeko qui me donne un sachet de sucre et avance vers ma chambre. C'est la 713, la dernière porte au fond du couloir à droite. Elle était grande et comme mon père est le maire de la ville on l'avait fait spécialement aménagée pour que mon frère et moi ne soyons pas plus séparés que par une plaque de verre. Personne n'y est allé depuis mais bien sûr s'il le faut je ne dirait rien, quelqu'un a besoin de cette chambre. Je passe devant les deux premiers brancards en soupirant, ça fait réfléchir de voir de si petits enfants aussi mal... Puis je vois le troisième qui est près de la porte 713 Bis. Je ne saurais dire son âge je peux juste dire, au vue de sa gorge que c'est un garçon. Donc c'est lui. Ses traits, assez beaux j'avoue, sont tirés, il semble souffrir et il tremble, ses yeux fermés et crispés traduisent sa douleur le pauvre. Je me surprends à le détailler, même comme ça je trouve qu'il à quelque chose. Quand j'arrive à sa hauteur ses yeux s'ouvrent lentement et je me fige. Mon c½ur semble s'arrêter et je lâche mon gobelet de thé qui rebondit et se renverse sur le sol. Ses yeux ! Ils leurs ressemble tellement, Bjorn, mon p'tit frère avait les mêmes, grands et troublants, des yeux d'enfants qui me font craquer
.



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Voilà, un chapitre sans trop de dialogue je sais mais y'en aura pas plus dans le prochain.
Enfin... Si vous voulez le prochain chapitre aussi :p!
A vous de voir, sur ce moi j'vais m'coucher!
Je repasse ce soir pour voir vos impressions =)!
Bisouuuuus, Ely.
# Posté le jeudi 20 septembre 2007 09:03
Modifié le vendredi 21 septembre 2007 14:39

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